Le syndrome de l’imposteur

Vous en avez certainement déjà entendu parler, vous en êtes mêmes certainement atteints. Oui oui, 70% d’entre nous y font face à un moment ou à un autre de leur vie. Chez les personnes à haut potentiel, ce syndrome de l’imposteur est encore plus fréquent. En effet, à cause (ou grâce) à leur manière de penser différente, elles ont une incapacité à expliquer leur cheminement et se sentent encore moins légitimes quand ce cheminement mène à du positif…

Mais heureusement, ce n’est pas grave ! Malgré ce nom qui fait peur, le syndrome de l’imposteur n’est pas considéré comme une maladie. (Ouf.)

Le syndrome de l’imposteur, on en parle ?

Dans sa définition, le syndrome de l’imposteur est le fait de ne pas accepter les compliments, de toujours essayer de justifier sa réussite par quelque chose d’autre que soi : la chance, le hasard, la facilité, une autre personne. Ce manque d’objectivité est évidemment lié à la peur de réussir. (Attention spoiler #1 : la peur de l’échec n’existe pas, il est plus confortable de se planter que de se battre pour réussir.)

En plus de penser que notre réussite n’arrive que par chance, nous finissons par croire que nous sommes de réels imposteurs qui cachons notre nullité à tout le monde.

Pour l’image, imaginez quelqu’un qui gagne une course de vélo en se disant que c’est grâce à son vélo qu’il est allé aussi vite, mais également grâce au beau temps, et puis aussi grâce aux spectateurs qui l’ont encouragé. Mec, c’est toi qui as pédalé comme un fou pour franchir la ligne d’arrivée.

Continuez d’imaginer que ce type, aussi sportif soit-il, gagne ses courses à chaque fois et qu’il a toujours la même pensée : il a finalement l’impression de mentir à ses proches et surtout de ne jamais mériter ce qui lui arrive, il ne se sent jamais légitime lorsqu’on le félicite. Mec, tu peux être chanceux sur UNE course, mais pas sur dix.

Des exemples personnels

imposteur-enfant

Concrètement dans mon cas, ce qui m’arrivait le plus souvent c’était de contester le mérite de mes notes à l’école. Lorsque l’on me félicitait, j’avais le réflexe de répondre en disant : « oui, mais le devoir était facile ». J’en oubliais même de remercier la personne pour son compliment.

Et non, je n’ai pas eu une bonne note car le devoir était facile. J’ai fait en sorte que le devoir soit facile pour moi. J’ai écouté, posé des questions et rédigé les réponses. Cela m’a couté de l’énergie alors non, le devoir n’était pas facile.

J’avais peur qu’un jour, la chance s’échappe et que tout le monde découvre qu’en fait, je n’étais pas douée à l’école, que j’avais menti à tout le monde tout au long de ma scolarité et que tout le monde soit déçu. (Attention spoiler #2 : je suis toujours douée à l’école, je ne suis pas un imposteur, je bosse.)

 

Comment faire avec le syndrome de l’imposteur ?

Même si, avec les années, ce sentiment de tromperie envers les autres diminue, il reste quelques petites traces. Exemple récent : la création de ce site. J’ai reçu des compliments de quelques visiteurs, sur le travail fourni, sur le fait de m’être lancée, sur beaucoup de choses en fait. Avant de remercier ces personnes, j’ai pensé très fort : « en même temps, j’ai juste acheté un nom de domaine, j’ai choisi et hébergeur et j’ai pris un Template gratuit sur WordPress et j’ai ouvert Word. Rien de bien sorcier, toi aussi tu peux le faire ». Voilà.

Alors le processus est un peu délicat mais c’est comme le fait de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler : je questionne sept fois les voix dans ma tête pour interpréter au mieux les paroles des autres. Après cette étape, j’ai remercié ces personnes en pensant qu’effectivement ça m’avait demandé beaucoup de réflexion, de temps et de courage.

Cette dureté vis-à-vis de soi-même n’est pas, à la base, un fardeau. On a tous le droit de douter de soi, on a tous le droit de vouloir donner le meilleur de nous-même, d’être perfectionniste finalement. Tout est une question de dosage. Il faut simplement faire attention à ce que cela ne devienne pas obsédant.

En fait le syndrome de l’imposteur c’est comme un parasite qui nous tourne autour sans cesse, mais sachez qu’avec le temps on apprend à faire avec et surtout à y faire abstraction. Vous êtes sérieusement la seule personne responsable de votre réussite. Vous êtes la seule cause à votre succès, vous n’êtes pas un imposteur.

Et même s’il est évident que des évènements extérieurs peuvent faciliter certaines tâches, que d’autres personnes peuvent intervenir, dites-vous que c’est votre réseau, votre entourage, vos démarches, votre entrainement : tout vient de vous.

Ce n’est pas un peu prétentieux, ça ?

C’est drôle, désormais quand je dis juste « merci » à quelqu’un, j’ai encore plus l’impression de mentir que d’habitude. Dire merci c’est accepter le compliment, et donc accepter qu’on a du mérite. Même si souvent je pense « merci, mais… », je m’arrête au « merci ». Parfois je rajoute « ça me fait plaisir », parce que c’est vrai. Clairement, la personne a pris le temps de me faire part de sa critique, si elle n’était pas sincère, l’aurait-elle fait ? Ai-je le droit de remettre en question la pensée d’un tiers ?

Je ne crois pas, pourtant et ça ne fait pas de moi quelqu’un de prétentieux.

One Reply to “Le syndrome de l’imposteur”

  1. C’est un exercice bien difficile que de se prouver que l’on réussi par nous même, mais effectivement, on s’en donne les moyens, on peut donc bien être félicité de temps à autres ! 🙂

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