Lettre à mon enfant intérieur

Voilà maintenant trois semaines que l’on cohabite enfin ensemble, que l’on s’apprivoise à petits pas. Toi que j’ai bafoué, détesté, violenté. Voilà trois semaines que je t’apporte de l’affection, et la tendresse que j’ai oublié de t’accorder durant toutes ces années. Toutes ces années où je ne t’ai pas laissé être toi, où j’ai estimé que te brimer était la meilleure solution pour que tu puisses affronter ce monde dans lequel tu as grandi.

Tatouage enfant intérieur

Voilà trois semaines que j’ai décidé de te prendre par la main et de t’aimer. J’ai décidé de te faire enfin vivre. Je te laisse enfin t’exprimer, toi qui t’es toujours tus, toi qui as toujours fait passer les autres avants toi-même, toi qui as toujours écouté les émotions des autres, et jamais les tiennes. Je n’ai d’ailleurs pas été souvent là pour toi, j’avoue avoir tenté de t’oublier, de t’abandonner, et même de te renier. Tu es une petite fille très forte, tu ne lâches jamais l’affaire, et je suis très en colère contre moi d’avoir pensé le contraire. Je suis fière de toi.

Je sais que, malgré le long chemin qui nous attends toutes les deux, on finira par se pardonner. J’aimerais te pardonner de me faire galérer aujourd’hui, du haut de mes vingt-cinq ans. Et j’aimerais que tu me pardonnes de t’avoir malmené comme je l’ai fait, de ne t’avoir laissé aucune chance, et aucun droit à l’erreur. Après toutes ces années, j’apprends à surpasser TES limites. Je sais que tu t’es souvent sentie très seule, incomprise, en décalage, et j’aurais aimé avoir été là pour te dire de te faire plus confiance, d’aller au bout de tes rêves, ou du moins au bout du chemin.

Désormais, tu seras à mes côtés, et je te ferais voir à quel point le monde est beau. Je te promets que tu vas oublier la noirceur de tes années collège, la solitude de ton enfance, et la haine que tu ressentais pour ton corps, et pour ta tête. Je vais te faire rire, te faire voyager, te faire aimer le moindre rayon de soleil et la moindre mélodie.

Tu fais désormais partie de mon corps. Tu es encrée dans ma peau, aussi profondément que tes blessures psychologiques, que ces doutent qui t’ont si longtemps hanté et que toutes les montagnes que tu as grimpées. Tu es liée à mon être autant que mon corps à ma tête.

Je vais me battre pour toi. Pour te montrer que rien n’est jamais foutu. Pour toi, j’accepte de remettre un pied dans l’enfance, j’accepte tes blessures, j’accepte tes faiblesses, j’accepte ton haut potentiel.

Je t’écris ces derniers mots avec le sourire aux lèvres. Sois la bienvenue dans ma vie.

 

3 mois sous SSRI

Voilà 3 mois que je prends des SSRI.

Autre terme plus flou pour parler d’antidépresseurs. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine réduisent entre autre la charge émotionnelle, et sont prescrits pour lutter contre la dépression, l’anxiété et les TOC. Vulgairement, ils agissent directement sur la chimie du cerveau, et lui apprenne à sécréter la molécule du bonheur.

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Les grandes décisions

Il a trois ans aujourd’hui je quittais un CDI. Je demandais à mon entreprise de me licencier. Ça a été l’une des premières grandes décisions de ma vie car jusque-là, j’évitais de faire des choix.

Les raisons

Beaucoup de personnes autour de moi n’ont pas compris. J’avais un salaire, des congés, de chouettes collègues. Mais j’avais aussi des horaires minables et surtout, une immense pression sociale. Je devais sourire, être agréable et aimable pendant 10 heures par jour face à des personnes qui, la plupart du temps, ne me disaient même pas bonjour. Je ne suis pas partie sur un coup de tête, je n’ai pas claqué la porte en partant. J’ai juste eu la présence d’esprit de me dire que je valais mieux que de m’ennuyer dans un supermarché et de craquer tous les soirs à cause des clients. Ce sentiment n’a pas duré.

Faire un choix c’est renoncer à quelque chose. Sur le coup, j’ai renoncé à une stabilité sociale et financière. Aujourd’hui, je peux finalement dire que j’ai renoncé à l’échec.

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Vous me suivez ?

Pendant des années, je ne voyais que les choses négatives. Je ne ressortais rien de positif de mes expériences.

Quand je ressentais une once de bonheur, quelque chose venait toujours perturber cette plénitude.
Quand je mettais mes runnings, je me disais que je n’avais couru QUE 20 minutes.
Quand je me retrouvais face à un aliment inconnu, je me braquais.
Quand je me couchais tard, je pensais à la fatigue du lendemain.
Quand j’avais passé une bonne journée, le tram bondé me la gâchais.
Quand je cuisinais quelque chose, c’était trop salé, trop sucré, trop…

Alors que finalement, le positif n’est pas si loin….

En effet, j’avais quand même eu le courage de sortir de chez moi et de courir 20 minutes.
Finalement, j’ai de la chance, du haut de mon presque quart de siècle d’avoir encore la chance de faire des découvertes gustatives.
Finalement, si je me couche tard, c’est que je suis active, que mon cerveau ou mon corps se fatigue, et donc ça m’assure une bonne nuit, même si elle est courte.
Finalement, si 90% de ma journée s’est bien passée, je n’ai qu’à y repenser et j’oublie les 10% restants.
Finalement, si je cuisine quelque chose, j’ai le droit de me planter, j’ai déjà le mérite d’avoir essayé et d’y avoir consacré du temps.

ballons colorés dans le ciel positif

Je vous entends vous dire : « Et bien alors, tout va bien ! Tant mieux pour toi ! Tu ne vas pas nous faire la morale  ! ». Figurez-vous que ça m’arrive encore pas mal de fois de me retrouver confronter à tout ce négatif.

C’est un travail de tous les jours pour se sortir de ce cercle vertueux, pour voir un peu de positif partout.
Je pense que c’est en se soutenant et en échangeant nos conseils qu’on peut y arriver et devenir plus fort.
J’ai eu l’idée de ce blog le jour où j’ai compris qu’accepter l’aide de quelqu’un n’était pas être faible, mais simplement oser essayer.

Vous me suivez ?