3 mois sous SSRI

Voilà 3 mois que je prends des SSRI.

Autre terme plus flou pour parler d’antidépresseurs. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine réduisent entre autre la charge émotionnelle, et sont prescrits pour lutter contre la dépression, l’anxiété et les TOC. Vulgairement, ils agissent directement sur la chimie du cerveau, et lui apprenne à sécréter la molécule du bonheur.

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Brièvement, l’anxiété était devenue tellement paralysante qu’elle m’empêchait d’avancer dans la vie. J’étais incapable de téléphoner, incapable de marcher dans la foule, incapable de rentrer dans un bar et de supporter le contact social. J’avais également des difficultés à me concentrer, à rédiger et à progresser.

L’estime que j’avais de moi-même était au plus bas, ne supportant plus de croiser mon regard dans le miroir, ne supportant plus les contacts physiques, qu’ils soient amicaux ou intimes.

Voilà.

Alors, que s’est-il passé en 3 mois ?

  • Déjà, je suis partie voyager. J’ai découvert le Québec, j’ai découvert une autre culture et la gratitude ambiante. J’ai découvert qu’en France, on se plaint beaucoup trop, et surtout sans raison.
  • J’ai réussi mes examens : j’ai réussi à rédiger mon mémoire en quinze jours, j’ai réussi à faire ma soutenance sans bégayer, sans lire mes notes, et en regardant le jury dans les yeux.
  • J’ai fait le tour de France, à la rencontre d’amis qui se sont éloignés par la force de la vie, et j’ai retrouvé des membres de ma famille, des repères que j’ai eu tendance à mettre de côté. Je me suis ressourcée.
  • J’ai trouvé une nouvelle entreprise, alors que je me sentais incapable de remettre les pieds dans un cadre professionnel.
  • J’ai arrêté de m’inquiéter pour les situations pour lesquelles je ne pouvais rien faire, j’ai pris des distances avec les émotions que mon entourage pouvait me faire ressentir.
  • J’ai fait de la sophrologie, j’ai testé l’hypnothérapie. J’ai consulté un psychiatre. J’ai demandé de l’aide.

Les SSRI m’aident à sortir de ma vie, ils m’aident à lutter contre ma stratégie d’évitement (stratégie qui consiste à tout faire pour ne pas se retrouver dans des situations angoissantes), à aller de l’avant et grâce à pas mal de petites étapes, à retrouver confiance en moi.

Alors oui, dès que je franchis une montagne, quelle que soit sa taille, je me demande : « Et si c’était juste les médicaments qui agissaient ? ». Comme si, ça ne pouvait pas être uniquement moi, l’acteur de l’action. Il est difficile de se convaincre que l’on est capable de quelque chose, même au bout de 3 mois.

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Alors, à tout ceux qui me jugent ou qui s’inquiètent pour moi : je suis fière d’avoir eu le courage de demander de l’aide, et vous devriez en faire autant car nous avons tous nos monstres et nos montagnes. Certains ont trouvé leur méthode, et chanceux sont ceux qui ont pu éviter d’en arriver au traitement antidépresseurs.

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